A partir de là, la procédure est connue au bon chef de projet que vous êtes. Vous consultez en gardant la date initiale (octobre), les fournisseurs vont bien faire avec. Les honnêtes qui ont leur carnet de commande bien rempli déclinent, ceux qui sont moins honnête, ou moins expérimenté, ou qui ont absolument besoin d'une commande vont rivaliser d'astuce pour se convaincre et vous convaincre qu'ils peuvent le faire.

Vous passez commande à l'un d'entre eux.

Votre problème maintenant va être de gérer la colère de votre patron s'il n'a pas sa livraison en octobre. Attention, dans ce cas la faute ne doit pas être la votre mais bien celle du fournisseur ou du métier, ou un mixte ... il faut donc bien gérer ces relations (ainsi que celle avec le patron, plus délicat,le mouiller un peu mais pas trop, il doit s'en sortir au final).

Vous allez donc gérer le projet:
     - Envoyer des mails chaque fois qu'un jalon n'est pas respecté, faire des comité de pilotage qui montrent des plannings rassurants sur lesquels les autres s'engagent…etc (ce n'est pas toujours facile, il sont expérimentés aussi et voient bien la corde…un bien beau combat).
     - Avec de la chance le métier peut venir avec une demande non prévue. C'est toujours une bonne occasion d'être contraint malgré soi de reculer la livraison.
     -Une chose à ne jamais oublier est d'insister auprès du fournisseur sur le fait que l'on veut absolument de la qualité, le PAQ (plan d'assurance qualité) est un bon outil, faites bien valider la partie qualité logicielle. Mais attention, il ne faut pas s'impliquer au-delà, ce serait se compromettre. Le but est surtout que le fournisseur livre en octobre (en s'arrangeant bien comme il veut).
A ce moment là, votre patron ne pourra rien nous reprocher.

Le temps nécessaire à corriger les bugs du logiciel est de toute façon totalement imputable au fournisseur (qu'est-ce qu'on aurait bien pu y faire ?).
Bien sûr, celui-ci va chercher à requalifier quelques bugs en demandes d'évolutions non prévues au départ, mais si on à bien gardé trace des mails, des compte-rendus, etc. on doit s'en sortir à moindre frais.

C'est à ça qu'on voit le bon chef de projet, il sait satisfaire son patron.
Il peut s'engager sur l'impossible, faire en sorte de trouver quelqu'un qui veuille bien le fournir, justifier qu'il a atteint l'objectif.
Avec talent, il n'aura jamais montré que chaque évènement qui permet de le dégager d'une responsabilité est une bonne nouvelle. Au contraire ! il aura paru préoccupé par les obstacles.

Par la faute des autres (qui n'ont pas respecté leurs engagements pourtant on leur avait bien dit) le résultat n'est pas utilisable en l'état, mais la charge financière est largement reportée sur le coupable (et tout est bien dans le meilleur des mondes possibles).

Le patron à son tour dispose de tous les arguments pour justifier auprès de sa direction que le projet est un succès(quelques couacs à cause de <liste de coupables> mais financièrement ont s'en sort bien). Il est reconnaissant au chef de projet et après quelques succès de ce type lui offre une promotion.

Et c'est là le problème ! Les bon chefs de projet ne restent pas longtemps en place (puisqu'ils ont promus) et sont souvent remplacés par des inexpérimentés qui causent beaucoup de souci à leur patrons.

Du coup celui-ci est stressé et tout le monde en pâti...

Maintenant c'est pire, ils veulent nous mettre des Screeeuum Maaaster qui comprennent rien ... mais alors rien au projet ! ...