Il reste à agir sur les piliers de la motivation et Marc nous explique les moyens d'y parvenir.

Dans son article Marc ne cite le plaisir qu'une seule fois pour le rattacher à la notion de "bien-être". C'est normal, le terme plaisir est tabou du monde de l'entreprise depuis longtemps, justement parce que le plaisir c'est à la maison, pas au travail.

Pourtant je trouve que la notion de plaisir mérite un peu d'attention . Et c'est légitime. D'Epicure à John Stuart Mill, le plaisir est même l'objet de doctrines philosophiques qui traversent les âges.

Ce qui est plus intéressant encore, c'est que le système de Mill s'appelle "l'Utilitarisme" et il revendique la filiation et l'inscription dans la ligne de ses prédécesseurs:

d'Epicure à Bentham tous les auteurs qui ont défendu la doctrine de l'utilité on désigné par ce mot (…) le plaisir même, en même temps que l'absence de douleur, et bien loin d'opposer ce qui est utile à ce qui est agréable ou élégant ils ont toujours déclarés que le mot utile désigne également ces choses là.


L'utilitarisme soutien que la seule chose désirable comme fin est le bonheur. Le plaisir n'est pas un état alternatif, c'est le seul but de l'existence. Peut-il donc y avoir quelque chose d'utile qui ne concoure pas au bonheur des individus ?
Et bien…ça dépend. On peut bien sur relier ça à la motivation. Justement ! En jouant sur les plaisirs (être utile, savoir faire, progresser…) de chacun j'obtiens leur motivation et la boucle est bouclée.

Oui, on peut aussi se poser la question de savoir si le plaisir des uns est compatible avec celui des autres. Si l'entreprise structurée comme elle est permet encore cette réalisation. Et si le simple fait de parler de motivation n'est pas déjà un détour sémantique pour éviter de poser la question du plaisir.

Parce qu'il est bien évident que le but de l'entreprise est le plaisir. La question à creuser c'est.... le plaisir de qui ?