Le message est différent  pour ce qui concerne le Scrum master. Scrum master n'est pas vraiment un métier. C'est un rôle plutôt. D'ailleurs on peut le faire tourner, changer de Scrum master à chaque Sprint.  Et puis il n'a pas de livrable, autant dire qu'il ne produit rien,  c'est embêtant coté balance comptable,  on cherche donc à l'associer à la production.
On se trompe. Scrum master c'est un métier à part entière. Son rôle est légitime et  nécessaire. Peut-être manquons nous d'une clé de lecture pour bien le comprendre.

Le Scrum master est un gestionnaire d'énergie. Il a une fonction simple : maximiser l'énergie du groupe consacrée à l'activité.
Vous avez peut-être constaté que les développeurs développent mieux quand ils sont concentrés sur le travail à faire. Dans ce cas l'énergie est dirigée vers l'activité.  Que quelqu'un entre dans la pièce et appelle l'attention (en parlant fort, en pleurant…)  et le flux d'énergie va changer de direction, l'activité s'arrête et l'on gère l'intrusion.  

On peut vraisemblablement considérer que la quantité d'énergie disponible d'une personne ou d'un groupe est constante à une période donnée. Il n'y a pas soudaine création d'énergie en fonction des événements, il y a simplement une mobilisation différente.  Cela signifie un transfert de l'énergie disponible  d'un type d'activité à un autre, et cela peut aussi signifier une consommation anticipée des réserves.
Le rôle du Scrum master est de limiter les gaspillages d'énergie du groupe.
Il est investi  de fonctions que l'on appelle "d'appareil" dans la théorie des organisations. Il garantit la sécurité du groupe (ce qui permet aux équipiers de ne pas s'en soucier) ce qui passe par le respect du cadre, l'entente entre équipiers, la protection des zones de leadership, de la frontière … etc, son énergie à lui est consacrée à  l'écosystème.
Dit autrement,  les actions que l'on demande aux Scrum master ont un sens par rapport à l'écosystème et à l'efficacité énergétique de l'équipe. Dans un autre contexte cela s’apparente à une fonction managériale. Simplement connaître les règles Scrum et les faire respecter permet d'assurer le cadre de sécurité de base. A quelques exceptions près c'est insuffisant pour amener une équipe  à être dans la haute performance.

On peut discuter de la motivation et de différentes méthodes qui font jouer contraintes et récompenses mais les organisations commencent à comprendre que cette voie n'est pas optimale pour obtenir des résultats exceptionnels.
Le chemin choisi par l'agilité (mais pas seulement) repose sur des constats davantage humanistes. On s'accorde sur le fait que si les individus se retrouvent dans une position qu'ils apprécient ils produisent avec plaisir les uns pour les autres. Et dans un contexte qui allie engagement, autonomie, stimulation, signes de reconnaissance, sentiment de confiance... une équipe dépasse les espérances initiales.
Toute la question se rapporte alors à la mise en place des conditions favorables. Le cadre Agile est en base opérationnelle pratique mais il ne dit pas tout. Il est nécessaire d'en connaître davantage sur les logiques d'enjeux individuels, la dynamique d'équipe, les modes de relation, la théorie des systèmes, l'accompagnement du changement, la motivation… pour savoir en tirer toute la puissance. 

Bref, si l'on souhaite que l'agilité tiennent les promesses de ses ambitions et ne consiste pas simplement à faire un peu mieux qu'avant mais autrement,  il va nous falloir des Scrum master professionnels instruits et compétents dans l'accompagnement des individus et des équipes.